Bilan transport 2018

Pour commémorer les cinq ans de la mise en service du tram une campagne de communication affirme que le nombre de voyageurs tram sur ces cinq années a été de 60 millions. Les rapports font état de 7,868 M en 2015, 7,782 en 2016, 8,282 en 2017 et 8,647 en 2018. Certes nous ne disposons pas des trafics pour la fin de l’année 2014 et pour les huit premiers mois de 2019, mais la réalité est plus près de 40 millions que de 60 !!!

L’approche des élections conduit le président de la « métropole » à positiver le bilan de son tram jusqu’en Belgique !!

Pour rassurer les Liégeois dans le cadre d’un projet en cours dans leur ville une télévision locale « s’est intéressée à Besançon pour proposer aux téléspectateurs de découvrir comment vit une ville avec un tram. Interview de Jean-Louis Fousseret, interview du président des commerçants mais aussi et surtout témoignages d’usagers prouvent que, 5 ans après sa mise en service, le tramway de Besançon fait l’unanimité. (ER du 19 octobre.)

Si les témoins présentés sont unanimes, il s’agit de témoins très sélectionnés !! L’ancien maire d’Avanne a un avis différent : « l’accès direct au centre-ville sans transbordement est désormais impossible puisque la ligne 22 actuelle s’interrompt à l’arrêt CHRU, qui plus est, le nombre journalier de voyages offerts est divisé par quatre », ( ER du 27/08) et Monsieur Fousseret s’est bien gardé de faire interviewer un représentant des mécontents des usagers des transports.

Il est aussi peu probable que les journalistes aient bénéficié du bilan 2018 ce qui aurait  douché leur optimiste et celui des contribuables de Liège.

Cette année, il n’a pas été nécessaire de faire appel à la CADA pour disposer de ce rapport qui nous a été transmis sans difficulté..

Il y apparaît que les recettes de trafic ont augmenté de 0,3 % alors que le prix de la billetterie a augmenté de 1,51 %. Autrement dit le volume des ventes de billetterie a diminué de 1,21 %

Il est indiqué que les voyages comptés à la montée dans les véhicules ont augmenté de 2,1 %(de 19,796 M de voyageurs à 20,227) est une fraude de 15,5 % !

Mais la communication est beaucoup plus optimiste. Elle se fait sur les trafics comptables qui n’ont de valeur que pour ceux qui les croient. Ces chiffres sont les résultats de la multiplication des abonnements par des voyages que les abonnés sont sensés effectuer. Et cette année, comme ces calcules n’étaient pas assez positifs, le nombre de l’année précédente a été minoré ce qui permet de présenter une forte augmentation du trafic : Dans le rapport de l’exercice 2017 il était annoncé à 26,479 M, dans le rapport 2018 il est de 24,392 M. Avec un trafic 24, 892 M en 2018 cette anomalie conduit à présenter une évolution positive du trafic alors qu’il serait en définitive très négatif.

Un trafic comptable pourrait être utilisé pour compter le nombre de voyages réels qui sont inférieurs au nombre de montées compte tenu que de nombreux déplacements nécessitent de monter dans un bus, puis dans le tram, puis dans le bus qui conduit à la destination finale comme le révèle l’ancien maire d’Avanne. Mais ça ne positiverait pas le bilan !

Nous sommes heureux de constater que la vitesse du tram s’est améliorée passant de 18,1 km/h à 19,13. Inversement nous regrettons un ralentissement de la vitesse des bus qui est passée de 16,8 km/h à 16,35. km/h.

Le rapport permet aussi de mesurer la dégradation du service des bus : Les kilomètres parcourus sont passé de 6,658 millions de kilomètres à 6,099 millions, soit une diminution de 10 %, ce qui a permis de faire des économies de matériels et de personnels importantes. Le nombre de bus a diminuer de 14. Les effectifs sont passés de 514 à 492. Il faut préciser que dans ces 492 figurent désormais les 9 cadres de Kéolis alors qu’auparavant les cadres du délégataire ne figuraient pas dans l’effectif.

La dotation d’équilibre allouée par la métropole est passée de 13,5 millions en 2010 à 16,9 millions en 2018 nous sommes loin des affirmations initiales que le tram ne coûterait rien aux contribuables particuliers et que le taux de rentabilité interne serait de 8,5 %. Durant la même période les entreprises ont vu leurs contributions augmenter de 12 millions d’euros. La dotation au délégataire a augmenté de 6 millions ce qui a permis à l‘exploitant de dégager un bénéfice de 1,3 million.

Comme il est question de bilan, nous rappelons que la loi prévoit qu’un bilan socio-économique doit obligatoirement être réalisé dans les cinq années qui suivent la mise en service d’une infrastructure de transport. Selon Monsieur Loyat il est en cours de réalisation par l’AUDAB. Outre l’illégalité de ce retard nous espérons qu’il sera loyal. Nous nous interrogeons sur l’indépendance et l’objectivité de cette agence d’urbanisme de Besançon qui a perçu 418 000 € de subventions en 2018. Elle est présidée par Madame Barthelet, vice-présidente de la FNAU, maire de la commune de Pelousey, conseillère communautaire, déléguée au Grand Besançon, chargée de la planification et de l’urbanisme opérationnel.

Serge GRASS